31st jan 2008

Impromptu

Dans la catégorie des billets sans aucun intérêt, autrement dans la section sur “ma vie”, j’ai eu un petit blanc dernièrement parce que je faisais finalement pas mal de choses en même temps, trop sûrement; la conséquence était que je n’arrivais plus rien à faire. Puis soudainement samedi 19, voici que sans raison, seul, sur une petite route de campagne à 30 km de Reims, dans une courbe assez gentille, ma moto (pas la Roadwin 125 de mon billet des débuts du présent journal; entretemps j’ai passé mon permis et ai acheté une Honda CB 500) dérape. Je vais essayer de profiter de la semaine de congés maladie qu’il me reste pour réparer ma fracture à une clavicule et pour régler les détails qui doivent l’être. Peut-être que ce break va m’être profitable dans un sens pour recentrer certaines choses. Par contre la saison de volley est terminée en temps que joueur pour moi, semblerait-il…

Au passage, il est très rare de voir des enregistrements vidéos ou audios de moi quand je joue, notamment car je n’ai pas de caméra (ni vraiment d’appareil photo). Mais pour ceux qui peuvent se demander ce que je faisais vers Reims, une amie d’ami (celui qui m’avait invité pour le voir jouer en l’occurrence) m’a envoyé cette vidéo qu’elle a mise sur YouTube (remarquez le texte incrusté, etc. Pour un peu, je me croirais une star :p):
http://www.youtube.com/watch?v=F1m-GOa4ujE

Ça fait vraiment étrange de se voir et de s’entendre jouer de l’extérieur. Surtout que plus j’ai regardé cet enregistrement pour voir ce que ça donnait, moins je me suis trouvé bon… Désespérant le travail qu’il reste à faire, encore et toujours…

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12th déc 2007

Syd n’est pas mort!

Malgré le fait que le groupe “Red Shank” soit, lui par contre, plutôt mort, Syd vit sa vie. Je parle bien entendu du morceau Syd qui avait brisé les cœurs. ;-)

Plus sérieusement le webmaster de Audiocite.net me contacte tout à l’heure par messagerie privée pour me dire avoir réutilisé le dit-morceau comme fond sonore d’un poème de Vincent Jost: Prostré (licence Art Libre). Donc on peut dire que ce morceau se fait sa vie modestement. Syd Barret, l’original, aussi vit un peu après sa mort à travers ce genre d’hommage ceci dit (bien qu’il vit déjà beaucoup plus à travers ses propres morceaux).

Lionel (le compositeur) pour sa part a trouvé ça plutôt marrant. Quant à moi, je trouve ça vraiment cool. Et merci à Frédéric (le webmaster d’Audiocite.net) de m’avoir prévenu pour cette utilisation, c’est vraiment sympa.
Voilà pour cette petite brève sur une réutilisation d’une œuvre Libre à laquelle j’ai participée (bien qu’il ne s’agissait que d’une ébauche et que ça aurait été bien qu’on mène le “projet” à terme).
‘lus!

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12th déc 2007

L’homme et la Science

Un petit billet rapide fait sur un coup de sang… je préfère le faire maintenant que c’est chaud, tant que je suis encore d’accord avec moi-même, et pour m’en rappeler. Car je serai triste au moment où je risque de trouver que je me suis tout de même emporté…

Je suis globalement d’accord pour parler d’amour de la science, de la connaissance, pour l’étude de la science fondamentale dont le seul but semble (à court ou moyen terme tout du moins) “apprendre”.

Pour la beauté du savoir.

Je ne vais pas dire le contraire car je suis informaticien (ce qui pour moi n’est pas si concret que cela, quoiqu’en dise le monde qui veut nous faire gober que l’informatique est indispensable… et pire… arrive à la rendre indispensable. Cependant je le suis car je trouve l’informatique beau et une forme d’Art. Sisi). D’ailleurs j’ai longtemps fait de l’astronomie amateur et ce n’est pas un milieu où on obtient du concret utilisable rapidement dans la vie de tous les jours. Une amie actuellement en doctorat d’astrophysique (je l’avais rencontrée justement quand nous étions tous deux amateurs) ne me dira pas le contraire, elle à qui justement un ami ingénieur a demandé récemment “mais à quoi ça sert?”.

Évidemment on peut répondre qu’il ne faut pas voir d’utilité à court terme, que ça permet de comprendre l’univers et donc à terme aussi notre propre planète, sa formation, sa destruction, comment la préserver, mais aussi sûrement plein d’autres choses — peut-être même très matérielles — qu’on ne s’imagine pas aujourd’hui. Mais pour moi même là n’est pas la question. Je trouverais très beau si certains pouvaient répondre: “il n’y a pas de raison, pour l’amour du savoir, pour rêver, pour pleurer…“.

Néanmoins il m’arrive aussi de tomber sur ce genre de lien: Top 10 Scientific Discoveries (vu sur Linuxfr). Pour ceux ne comprenant pas l’anglais, et parce que je ne suis pas sûr si c’est un lien permanent ou voué à disparaître, je résume: il s’agit de la 9ème plus grande découverte scientifique selon le journal Time, intitulée: “l’animal le plus vieux du monde”.

Il s’agit d’un coquillage sur la côte nord de l’Islande, plus exactement une palourde de 405 ans. On pense que c’est le plus vieil animal vivant (du moins le plus vieux trouvé). Mais là où l’horreur se situe est que — pour pouvoir le confirmer — les scientifiques ayant trouvé l’animal l’ont tué! Bien sûr, on pourrait dire que ce n’est qu‘un animal, et en plus un vulgaire coquillage! Et très franchement, des gens auraient couru sur la plage et auraient marché dessus, le conduisant à sa mort, ça ne m’aurait pas choqué plus que cela (et ce même si on m’avait dit après coup que c’était l’animal le plus vieux du monde). Je me serais dit “c’est dommage pour lui, vivre si vieux pour finir bêtement écrasé” (ça m’aurait peut-être même fait rigoler). Mais bon, c’est aussi cela la vie. Par contre que des personnes — sous le prétexte de la science — tuent l’animal sciemment uniquement afin de déterminer son âge, ça me dégoûte. En outre, ils ne l’ont pas tué en se disant qu’on mange tous les jours des coquillages, qu’on les trouve à la pelle ou qu’il est tout à fait commun. Ils l’ont justement tué parce qu‘il est unique, parce qu’il était justement le plus vieil animal vivant… mais ironie du sort, uniquement avant qu’on le sache pour s’en assurer. La science ne mérite pas qu’on tue de cette façon, juste pour “savoir”, pour tester ce que ça fait de tuer; donner la mort pour enquêter sur la vie, l’une des plus grandes cruauté, absurdité et barbarie — oui là c’en est — qui soit. Non on peut vouloir savoir pour savoir, mais non tuer pour savoir.

Et cela me rappelle alors à tous ces gens qui nous disent régulièrement que grâce aux guerres, la technologie fait des bonds. Et alors? Qu’est-ce que ça nous apporte? Personnellement l’idée même que cela puisse être un raisonnement pour beaucoup me dépasse. Si la fin de la barbarie humaine (et je parle bien “humaine”. Le problème n’est pas la mort, j’y rêve tous les soirs, ce n’est pas qu’un animal en mange un autre dans le cycle naturel ou qu’on écrase sans le vouloir un petit animal car on est trop grand, non je parle bien de vraie barbarie, ce que les hommes savent le mieux faire) avait pour seul contrecoup un recul technologique d’un siècle, alors je n’hésiterais pas une micro-seconde. Je suis informaticien, mais je peux me passer sans problème de mon matériel. Je trouverais bien un autre ustensile pour faire de l’art dans un monde moins technologique, ça ne me dérange pas le moins du monde.

Explosion de Ivy Mike, la première bombe H testée, le 31 octobre 1952

Explosion de Ivy Mike, la première bombe H testée, le 31 octobre 1952 (photo du United States Department of Energy dans le domaine publique)

En un sens, je pense être une de ces personnes qui en ont marre que notre société se base sur des critères de rendement, productivité, toujours plus et encore plus, plus vite, plus fort, plus gros… Quand certains sortent que nous devons travailler plus pour gagner plus, non merci, je travaille suffisamment et je gagne suffisamment. Le travail est important dans la vie, mais d’une part il faut faire quelque chose que l’on aime, sinon c’est triste. D’autre part ce n’est pas tout pour autant. Je ne vis pas pour travailler, simplement pour vivre. Dans ma vie, j’ai de nombreuses activités: je fais de l’informatique, je fais de la musique, je fais du volley, je suis un motard passionné, je sors, etc. Mais surtout j’aime la liberté. Je pense que je vous parlerai bientôt d’un livre magnifique sur le sujet d’ailleurs. Donc non, arrêtons cette croissance (économique, industrielle, ou ce que vous voulez), et simplement: “vivons!”.

Enfin je noterais le fait que j’aurais peur que notre pays devienne tel le Japon par exemple (et encore ça peut être encore pire dans le genre “bourreau de travail” sûrement, mais eux sont pourtant déjà loin…). C’est un pays avec beaucoup de choses magnifiques, mais au niveau “social” et “travail”, ce pays est un enfer. Je pense que la plupart des français, nous qui vivons dans un pays de glandeur (et ne nous en plaignons pas!), ne supporterait pas la vie là-bas s’ils devaient y vivre comme les japonais (même horaires, même rythme et atmosphère de travail, même salaire…). En plus — attention! — je ne dis pas qu’ils travaillent donc forcément bien qualitativement, juste assurément trop quantitativement. Pour ma part, je pense travailler bien parce qu’en général je ne fais rien si ce n’est avec joie et désir. Ils sont donc parfaitement dans l’idée “travailler plus”, mais non “travailler mieux”. Et c’est là où se dirigent beaucoup de sociétés apparemment. Donc protégeons un minimum notre vie s’il vous plaît, plus que notre économie. Et peut-être qu’alors, mais alors seulement, nous pourrons dire que la Science est effectivement un Art et qu’elle mérite qu’on s’y sacrifie pour la beauté du savoir.

Sur ce je dois clore ce billet. Car là je pleure.

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30th nov 2007

Les contes de fées

J’ai longuement hésité à écrire ce billet et créer cette catégorie “littérature” — que j’inaugure par ce billet — parce que je me demandais si ça intéressait du monde de savoir ce que je lis, et surtout… ce que j’en pensais.
Après tout, tout le monde lit (plus ou moins) et a un avis. Est-ce si intéressant de savoir ce que les autres ont pensé? N’est-ce pas seulement notre opinion qui importe quand il est question d’art? Mais d’un autre côté, j’ai moi-même découvert des choses car on me les a conseillées. Je verrai si je continuerai à l’avenir et surtout si ça vaut le coup de parler exhaustivement de mes lectures (pas si nombreuses) ou juste des plus marquantes. Pour commencer, je ne vais parler que des marquantes (en bien de préférence pour l’instant, ou du moins en critique honnête, sauf si vraiment je veux crier ma rage).

Sous ce titre “contes de fées”, je vais parler de 2 œuvres. Il est très dur de parler d’œuvres classiques, car il existe déjà de nombreuses critiques bien mieux écrites que les miennes.
Mais je voulais néanmoins faire part des sentiments que j’ai éprouvé en lisant les contes des frères Grimm d’une part, Peter Pan de Sir Matthew Barry de l’autre, car les deux lectures m’ont marqué, à des niveaux différents.

Contes de Grimm

En fait, un seul sentiment, tout pourrait se résumer en un mot simple: dégoût. Très franchement, j’ai du mal à comprendre comment des œuvres aussi horribles ont pu bercer notre jeunesse. Pour une fois, heureusement que ça a été édulcoré par le marketing Disney… Ou bien? Est-ce si sûr? Car finalement les valeurs prônées par ces contes restent là, en suspens. Elles sont juste mieux cachées, et elles éduquent nos jeunes. Au moins les histoires originelles ont cela d’honnêtes que ces morales sont horribles, mais claires. Les versions Disney ou assimilé par contre ont les mêmes morales, mais fourbes.
Bon, où veux-je en venir? Et bien, imaginez des histoires dont le seul but est de dire que “l’argent fait le bonheur”, que “les beaux sont bons, les bons sont beaux; les moches sont méchants, les méchants sont moches”, que “le pouvoir fait le bonheur”, que “le mariage rend heureux” et autres morales du même goût. Vous avez maintenant l’ensemble de l’œuvre des frères Grimm. Personnellement quand un conte se finit avec la méchante belle sœur punie qui crache des crapeaux à chaque mot, ok c’est horrible. Par contre que la gentille héroïne elle se marie avec le prince charmant et crache des pièces d’or à chaque mot… vous trouvez ça vraiment cool? Bon c’est certes un chouille moins écoeurant que les crapeaux, mais perso pour moi c’est tout aussi horrible de vivre ainsi en crachant des pièces (même si c’est de l’or). Mais non… l’héroïne est riche, elle est mariée, tout est bien qui finit bien!
Grimm Brothers Monument at Hanau (Germany), sculpted by Syrius Eberle
Quand on en arrive à une histoire où l’héroïne se marie avec son propre père à la fin, et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants, vous trouvez ça cool vous? Ben heureusement, le père est roi, il est riche, donc tout va bien.

Enfin voilà. très personnellement ces contes m’ont dégoûté des contes de fée. Je ne critique pas les frères Grimm attention. Je sais pertinemment que leur rôle n’a été que de la transcription, un boulot simple d’historien. Ils se sont contentés de répertorier les contes ancestraux des villages qui allaient se perdre. Et heureusement qu’ils l’ont fait. C’est toujours moche de perdre une partie de son histoire et de son folklore. Donc d’un strict point de vue historique, c’est intéressant. Pour la sauvegarde du patrimoine, pour savoir ce qu’il en est, mais aussi où on en est, je ne vais pas dire le contraire, c’est bien de lire ces contes. Par contre, par pitié ce sont des histoires d’un autre temps, donc d’autres mœurs (mais la société actuelle a-t-elle vraiment d’autres mœurs?), et qui véhiculent des morales que je trouve absolument révoltantes. Alors qu’on ne nous sérine plus de la gentille bergère pauvre qui atteint le bonheur parfait avec la mariage, la richesse et le pouvoir, je trouve ça horrible.
C’est donc une lecture intéressante, instructive, mais fort désagréable. Par contre il est vrai qu’on comprend mieux ainsi comment notre société en arrive (à vous de mettre ce que vous voulez dans ce “là”, pour une fois, pas de lien) avec ce background philosophique.

Peter Pan

Pour poursuivre sur les contes, je vais maintenant en citer un autre, qui est par contre bien plus beau. Il a également été édulcoré par les Majors du cinéma dans les diverses adaptations, car c’est vrai qu’il est dur. Pourtant il n’en reste pas moins beau. Il s’agit du très célèbre Peter Pan. Tout le monde connaît en particulier l’adaptation de Disney. Ces dernières années ont d’ailleurs connu un renouveau des adaptations, des suites, des remakes, des histoires parallèles sur tout média. Mais combien de ces œuvres voguent réellement sur les messages de l’œuvre originelle, et sur l’univers décrit? Combien de personnes connaissent le roman originel, écrit par Sir Mattew Barry?

Statue de Peter Pan à Kensington Gardens, Londres, Royaume-Uni
Pour reprendre à la première question, je dirais que personnellement je ne connais qu’une seule œuvre qui réponde au critère (peut-être y en a-t-il d’autres, mais alors je ne les connais pas, pourtant j’en ai vu des versions). Il s’agit de la bande dessinée éponyme de Régis Loisel. Contrairement à la plupart des adaptations, cette BD a pris la liberté d’imaginer “l’avant Barry” (et pourtant c’est la plus proche de l’œuvre de Sir Barry selon moi): d’où vient Peter Pan? Qui était-il? Comment est-il devenu Peter Pan? Tant de questions à la réponse très dure, brutale et acide trouvent réponse dans la bande dessinée de Loisel. En tant que grand fan de bandes dessinées — et de Loisel aussi depuis — je ne saurais que vous conseiller de lire l’histoire de Peter Pan selon Loisel, et d’admirer ses dessins fabuleux. Attention, vous allez pleurer. C’est une histoire aussi dure que belle.

Pour la seconde question, vous y aurez répondu de vous-même: personne ou presque ne connaît l’œuvre originelle. Et pourtant… ô combien elle est plus intéressante, plus profonde que la plupart des adaptations. Il s’agit d’une véritable étude de l’enfance. On raconte que Barry était un grand enfant, qu’il refusait justement de grandir, et qu’il a toujours aimé s’amuser avec les enfants. Cependant son histoire montre bien qu’il n’en avait pas moins parfaitement cerné l’enfance, le comportement enfantin, et tous ses travers. La cruauté de l’enfance et des enfants, nous connaissons tous ça. Est-on étonné alors que le petit garçon du pays imaginaire qui ne veut pas grandir n’a rien à envier en cruauté au capitaine Crochet lui-même? (celui que Barry disait — pour faire une cross-référence, et un hommage à l’île au trésor — être le seul pirate au monde qui faisait peur à Barbecue… notre bon vieux Long John Silver)
Mais tout est jeu pour Peter. Jusque dans les combats contre les pirates où il sait se montrer rieur et fair-play (ce que d’aucun appellerait de la naïveté, voire de la bêtise. Et c’est aussi le cas puisqu’il risque gros, mais vous verrez plus bas pourquoi il n’apprend jamais de ses erreurs et reste constamment un enfant naïf), tout en étant sanguinaire et meurtrier.
Qui savait que Clochette n’était pas simplement une gentille petite peste? Non ça c’est pour les petits enfants qui rigolent qu’on dit ça. C’était en fait le machiavélisme réincarné dans un corps potelet, mignon. La belle et mignonne petite poupée meurtrière… Jamais elle n’a regretté ses trahisons, ses tentatives de meurtre à l’égard de Wendy… Non, elle aimait Pan, et tout est bon pour le garder pour elle seule. Quand J.K. Rowling a voulu montrer que l’amour est beau et arrive à rendre bon les “méchants” (lire le dernier tome pour comprendre de qui je parle), elle n’a pas montré les travers de l’amour possessif. Clochette est à elle seule la représentation des extrémités auxquelles peut conduire l’amour.
Mais dans cette étude de l’enfance, l’une des caractéristiques les plus dures de cet univers est “l’oubli perpétuel”. Encore une fois, je n’ai vu cet aspect du pays imaginaire retranscrit (et surtout bien retranscrit) que dans l’œuvre de Loisel. En effet, qu’est-ce qui définit l’adulte? L’apprentissage. Les leçons de la vie. Les coups durs qu’on a connu. Et donc comment empêcher les enfants de grandir? En oubliant, tout simplement. Les personnages principaux oublient tout au fur et à mesure. Ils se réinventent leur vie à chaque instant. Des parents qui nous aiment? C’est quoi un parent? Un ami mort? Non je le connais pas. Je peux vous dire que cela donne des passages qui donnent des frissons (aussi bien dans le conte de Barry que dans la BD de Loisel). Est-ce vraiment de la chance de pouvoir oublier tous les mauvais moments d’une vie? Même quand ça implique d’oublier les bons moments aussi? Question philosophique à creuser, et qui l’a déjà souvent été.

Peter Pan, l’original, est donc un livre très fort, qui prend aux tripes et que les gens devraient lire, car il a été mis dans cette histoire 1000 fois plus que dans la version Disney (même si l’histoire est la même, je parle de tout l’univers). En plus, c’est très court, donc pas d’excuse. Vous apprendrez à découvrir qui était vraiment ce petit enfant qui ne voulait pas grandir, tellement fou qu’il était prêt à tuer ses camarades s’ils ne jouaient pas convenablement le jeu, heureux car il ne connaissait pas le malheur, triste car il ne connaissait pas le bonheur.

Conclusion

Au final, deux classiques des contes de fées, deux sensibilités. L’un, catalogue historique de contes sans que je comprenne comment cela peut faire rêver qui que ce soit. L’autre véritable réflexion sur la vie, sur l’enfance, sur l’adulte, sur soi. Je n’en conseille qu’un des deux personnellement si votre but est d’avoir un moment agréable, Peter Pan. Magnifique.

Note: la première photo est celle de la statue des frères Grimm, à Hanau en Allemagne, photographié par Dr. Meierhofer (licence GFDL); la seconde représente Peter Pan, célèbre statue de Kensington Gardens, à Londres au Royaume-Uni, photographié par Sebjarod et lâchée dans le domaine public (pour autant que ce soit possible, en France nous n’avons pas le droit d’abandonner nos droits par exemple).

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28th nov 2007

Pourquoi?.. il y a moins de virus sur les systèmes Libres?

Pour promouvoir nos systèmes d’exploitation Libres, un libriste mettra notamment en avant la quasi-inexistence des virus. A cela un ”windowsien” convaincu, qui ne supporte pas cette affreuse vérité, défendra son bon vieux Windows en argüant que la raison est uniquement qu’il n’y a pas suffisamment d’utilisateurs sous Linux, donc aucune cible intéressante pour les développeurs de virus. En général pour ne pas rentrer dans des explications inintéressantes, cela ne me dérange pas d’être d’accord. Après tout, qu’importe la raison? Les faits à l’heure actuelle sont là: sous Linux, vous n’aurez plus à vous préoccuper de ce qui est presque devenu comme une normalité sous Windows (c’est un peu comme si vous viviez dans un pays où sortir dehors est dangereux pour sa vie et qu’on vous disait que le pays voisin n’a pas de meurtrier uniquement parce qu’ils sont peu nombreux. Qu’importe la raison, ça vaut le coup de déménager, non?).

Virus de la grippe en microscopie électronique

Virus de la grippe en microscopie électronique
Content Providers(s): CDC/ Dr. Erskine. L. Palmer; Dr. M. L. Martin Creation Date: 1981 Photo Credit: Cynthia Goldsmith
Domaine Public

Néanmoins Greg m’a montré l’autre jour ce texte tentant d’expliquer maladroitement que la vraie raison serait la formidable sécurité des systèmes Unix (et ses descendants comme Linux). Il me demandait mon avis sur la pertinence du texte. Finalement ça m’a fait bondir plus que la simplification “il n’y a pas d’utilisateur, donc pas de virus”, car — bien que les deux raisons soient aussi absurdes (du moins données en argument majeur) — je préfère que ce soient mes détracteurs qui se décrédibilisent avec leurs explications poussives que des co-utilisateurs. En effet si on se met à rentrer dans des explications techniques, mais qu’elles sont foireuses, ça risque de faire plus de mal que de bien.
Donc comme après tout, sur ce journal, j’ai le temps (j’espère que vous aussi), j’ai pensé pouvoir proposer mon analyse sous la forme d’une liste non-exhaustive de raisons réelles de l’absence de virus. Par là-même, j’inaugure cette section “Pourquoi?” car on me pose régulièrement certaines questions, donc autant les compiler dans une catégorie du journal.

Moins d’utilisateurs

Il s’agit en effet du premier argument des afficianados de Windows. Et après tout, c’est vrai et c’est un très bon argument, merci. Donc je le reprends. Moins d’utilisateurs implique moins de cibles. Or les développeurs de virus veulent pouvoir toucher un maximum de personnes. Ils préféreront donc s’attaquer au système d’exploitation qui a le monopole: Windows. Bon point pour nous!

La diversité

Et là, l’air de rien le point précédent nous entraîne vers l’un des cœurs du problème: le monopole! Il est bien trop aisé pour quelqu’un de malveillant de s’attaquer au point commun de la majorité: tout le monde utilise le même système, les mêmes logiciels… Sur l’internet moderne, beaucoup sont des clônes logiques. Or l’une des choses que prône justement le Libre est la diversité.

Vous pourriez utiliser un système Libre (GNU/Linux, GNU/Hurd, BSD, et leurs innombrables variantes…) ou propriétaire (Windows, Mac OSX, les innombrables Unix…), un navigateur web Libre (Firefox, Galeon, Konqueror…) ou propriétaire (IE, Opera, Netscape…), un client email Libre (Thunderbird, Kmail, Claws mail, Sylpheed, Evolution…) ou propriétaire (Outlook…), etc., si la véritable compétition saine et coopérative existait dans le monde informatique, les virus auraient un impact quasi nul. En effet le principe technique d’un virus est de s’attaquer à une faille d’un système ou d’un logiciel. A partir de là, ces virus gagnent en efficacité en même temps que la faille est plus répandue, afin qu’ils puissent aisément trouver un ordinateur “voisin et similaire” pour se propager, de faille en faille, d’ordinateur à ordinateur. Néanmoins si l’ordinateur voisin n’a pas le même système/logiciel, le virus se retrouve bloqué! Or que se passe-t-il de nos jours? La plupart des ordinateurs ont une majorité de logiciels en commun (les produits Microsoft en particulier: le système Windows, les logiciels IE, Outlook Express, Live Messenger, MS Office; et les gens se fournissent chez les mêmes fournisseurs de services centralisés: MSN, Google, Yahoo, etc.). En conclusion un virus bien fait trouve toujours de quoi continuer son chemin et infecter un maximum de personnes.

Dans un monde informatique viable, il se retrouverait très vite dans des culs-de-sac, un monde où tout ordinateur peut communiquer avec un autre, en ayant pourtant des produits entièrement différents! C’est la magie de la diversité et l’une des raisons pour laquelle il est important de créer cette diversité, de ne plus accepter de suivre le troupeau et faire comme tout le monde “parce que c’est sûrement mieux si l’autre le fait” et de rétablir la concurrence loyale. Avec les systèmes GNU/Linux et autres systèmes Libres, c’est encore plus magique car même si la masse critique d’utilisateurs était atteinte[1], si tout le monde utilisait Linux, il resterait énormément de diversité. Le système lui-même existe sous d’innombrables formes[2], tout en restant compatible. Et il y a un choix, de qualité, impressionnant pour tout type d’application. Au final les choix dépendent des goûts, plus des monopoles. Les virus quant à eux sont piégés.

Systèmes sécurisés

Il est vrai que les systèmes Unix et Linux sont bien plus sécurisés que les systèmes Windows. Néanmoins il faut mettre un bémol sur l’argumentaire de l’article de Pierre Jarillon: aucun système n’est infaillible et Linux est loin de l’être aussi. En outre un facteur très important dans le monde des logiciels malveillants (dont les virus font partie) est le facteur humain, pas toujours uniquement technique. A savoir que la faille ultime dans énormément de virus ou assimilé (”vers”, “chevaux de troie”, etc.) consiste à profiter d’une non-connaissance de l’informatique (normale chez beaucoup d’utilisateurs). Ainsi vous recevez un mail que vous croyez provenir d’un ami, vous ouvrez une pièce jointe… et c’est le drame. Kevin Mitnick, l’un des “pirates informatiques” les plus connus du monde ne vous dira pas le contraire, lui qui piratait les plus grands organismes en basant une grande partie de ses attaques sur du “social engineering” (exploitation de failles humaines). Il a sorti d’ailleurs quelques ouvrages assez intéressants à lire sur le sujet.

Ceci dit, il est sûr que d’une façon générale, vous avez plus de barrières de sécurité sur un Linux. Par exemple un fichier ne peut être exécuté simplement en fonction de son extension (.exe, .bat, .vbs, etc. sous Windows), mais demande normalement une procédure d’exécution explicite que la plupart des utilisateurs ne comprendraient pas.
En outre la protection système/utilisateur protège le système, mais également le matériel. Et en utilisation normale si chaque membre de la famille a un compte sur l’ordinateur familial, seule la personne infectée peut perdre ses données, mais le cœur du système peut tout à fait rester sain ainsi que les données de toute autre personne qui a son propre espace.
Néanmoins dans un monde où l’informatique personnelle prend de plus en plus de place, les données personnelles deviennent plus importantes que la sécurité des systèmes, donc ces arguments perdent finalement beaucoup de valeurs. C’est pourquoi ce point d’argumentation qui semble primordial ne peut être le point majeur (quoique important à considérer car améliorable). La diversité reste toujours ce point majeur et le meilleur garant de la sécurité de toutes les données.

Rapidité des corrections

Un point qu’expose souvent la fondation Mozilla pour se comparer à Microsoft vis à vis de leurs produits concurrents (les navigateurs Firefox et IE) concerne la rapidité de correction des bugs et autres failles. Or il se trouve que ce point en faveur de Mozilla concerne en réalité tout le logiciel Libre. Dans un tel système communautaire, toute faille qui pourrait se révéler un point d’entrée important et dangereux pour du code malicieux est immédiatement auscultée, triturée et traitée par des centaines de docteurs, des spécialistes de la chirurgie du code sécuritaire, à toute heure du jour et de la nuit, dans tout pays, sans limitation de temps ou d’espace. Nous pourrions appeler les libristes: les Programmeurs sans Frontières. Nous sommes dans un monde connecté où, si les utilisateurs insouciants arrivaient à se rendre compte du modèle communautaire qui s’est créé autour du Logiciel Libre, ils en auraient le vertige. Je conseille à toute personne curieuse la lecture de l’intéressante étude “La cathédrale et le bazaar“, d’Eric Steven Raymond, qui explique ce phénomène, vécu par un informaticien qui a un jour tenté le pas du monde propriétaire vers le monde Libre et n’est depuis jamais revenu en arrière[3]. C’est un texte compréhensible par tous et édifiant. Le fait est donc que toute faille suffisamment importante pour mettre en danger une grande quantité de machines aurait une durée d’existence qui se compte en heures peut-être et une correction stable serait alors disponible dans les jours qui suivent. En fait je pense même, sans exagérer, que plus la faille est dangereuse, plus elle mettra de développeurs sur le pied de guerre, et donc moins la faille aura de chance de servir à un virus efficace.
On peut donc en déduire cette loi particulièrement étonnante dans le monde du Logiciel Libre:

Plus le virus est dangereux et contagieux, moins il fera de dégâts et moins il se répandra. Des victimes (informatiques) graves peuvent être à déplorer mais jamais des hécatombes.

Au final on rejoint même le point sur la diversité encore une fois, puisque les nombreuses corrections font que de nombreuses versions d’un logiciel existe (plus que les logiciels propriétaires qui ont en général une périodicité de “patch” bien plus longue). Et parfois des différences mêmes minimes peuvent invalider une faille. Donc même pour un logiciel présent sur un nombre considérable de machines, rien ne garantit qu’il s’agit de la même version sur toute machine, donc qu’une faille commune existe partout.

Le besoin de reconnaissance

Ce point d’étude d’une catégorie sociale est délicat… déjà parce que je ne suis pas sociologue ou psychologue. Néanmoins un fait évident est que beaucoup de personnes cherchent une forme de reconnaissance, et les développeurs (de virus notamment) n’échappent pas à la règle, contrairement à ce qui est dit dans l’article de Pierre Jarillon. Ils se font connaître sous des pseudos et seulement dans des sphères très limitées, néanmoins qui veut rester constamment anonyme dans son œuvre? Pourquoi? Parce que ce sont des gens potentiellement doués, du moins ingénieux et qu’ils veulent le prouver probablement, même si ce n’est que vis à vis de leurs amis. Or dans le monde propriétaire, ils n’ont pas de code source et quand ils trouvent une faille dans un logiciel, ils pourraient en parler, mais ont rarement de la reconnaissance (je n’ai jamais entendu parler d’un communiqué de presse remerciant des utilisateurs qui ont aidé à débugguer un produit par exemple, et encore moins en les nommant), voire parfois ont des ennuis[4]. Donc quitte à être considéré comme des hors la loi, beaucoup se disent probablement “allons jusqu’au bout et attaquons ceux qui nous attaquent“. Dans le Libre, les mêmes développeurs auraient accès au code des produits, sont autorisés et même encouragés à y chercher des failles et s’ils en trouvent, ils vont être amenés à deux choix:

  • profiter de leur découverte pour créer un virus, en espérant que cela touche un maximum de personnes et qu’ils puissent se glorifier auprès de leurs amis si leur virus devient connu; tout cela en connaissant les risques légaux, et en sachant tous les points précédents, à savoir que la faille visée n’est sûrement pas sur toutes les machines et que dès que le virus sera connu, des centaines de développeurs seront en train de corriger la faute et que l’épidémie sera endiguée à peine débutée;
  • corriger le bug, avoir son vrai nom qui apparaîtra dans le code et sur le site du logiciel, être reconnu, voire connu si on contribue régulièrement, et s’il s’agit de contributions majeures, qui sait, avoir éventuellement son nom dans des communiqués officiels avec de chauds remerciements.

Je vous laisse donc voir ce que vous choisiriez. Je n’insinue pas que le premier cas est improbable. Pour certains qui ont le goût du risque, cela peut être un pari à prendre. Ils peuvent vouloir prouver être meilleurs que les centaines de développeurs émérites qui vont tenter de les contrer; ou encore que les petits cons dans mon genre ont tort et qu’ils sont capables de créer de véritables raz de marée dans le monde Libre; voire qu’ils sont capables de créer des virus totalement incontrôlables et rapides à se propager et que personne n’arrive à arrêter pendant plusieurs jours, voire semaines. Ceci dit j’ose croire que des personnes arrivant à ce genre de réflexion ne doivent pas être très malins s’ils ne savent prendre la mesure des choses et donc que leurs virus seront de piètre qualité.
On pourrait résumer par “le Libre, c’est cool, on va les aider; le proprio, ils nous décrient, on va leur montrer qu’ils ont de quoi avoir peur”, ou encore “rendons à autrui ce qu’ils nous donnent: de la confiance ou de la peur?”.
En tous les cas, être libriste, ce n’est pas forcément être un grand gentil rêveur, altruiste et généreux. On peut tout à fait être libriste et ne vouloir que de la gloire ou être totalement égoïste. Je pense que beaucoup le sont. C’est donc un mouvement qui permet à ces gens là aussi d’évoluer agréablement tout en bénéficiant à l’ensemble de la communauté. Finalement c’est une logique où tout le monde y gagne et qui sait utiliser le meilleur de chacun, même à partir du pire.

Conclusion

Je pense qu’il existe d’autres raisons. Quoiqu’il en soit, ce n’est pas un sujet simple et sûrement pas résumable en “peu d’utilisateurs” ou “trop bien sécurisé” (même si les deux sont vrais!), deux points intéressants mais loin d’être les raisons majeures selon moi. Des 5 points cités, je pense que les deux majeurs sont le 4/ (réactivité des développeurs) et le 2/ (diversité), puis le 5/, le 3/ et enfin le 1/. Au final tout le contraire des “présupposés”.
Pour conclure je dirais qu’il existe un moyen d’avoir des réponses complémentaires bien plus intéressantes: faire une étude auprès des communautés de développeurs de virus et produits malicieux directement; les interviewer, leur demander pourquoi ils ciblent Windows et non Linux, etc. Après tout ce sont les vrais concernés donc leurs réponses sont les meilleures venues pour avoir la vérité. Si une telle personne passe, je suis partant pour qu’il donne son opinion sur le sujet.
Quoiqu’il en soit, ce serait un sujet de socio plutôt intéressant mais certes difficile à mettre en œuvre car il n’est pas aisé de contacter de telles personnes, encore moins d’être sûrs qu’ils sont qui ils prétendent être. En attendant, cela reste un mystère. Mais par pitié, ce sujet, comme d’autre, est compliqué, donc arrêtons de le simplifier pour avoir à tout prix raison, car ça pourrait se retourner contre nous.
Et après tout qu’importe, je vous l’ai déjà dit: chez nous, vous n’aurez pas à vous préoccuper des virus et autres horreurs que vous vivez chez le monopoliste, alors… qu’attendez-vous pour nous rejoindre?

[1] C’est à dire si le nombre d’utilisateur devient une cible “intéressante”, et donc le point 1/ invalidé.
[2] Enormément de “distributions”, qui correspondent au même système mais avec une approche de gestion différente: Red Hat, Suze, Mandriva, Debian, Ubuntu, Gentoo, Arch, etc.; mais également des “cœurs” — le noyau — différents, etc.
[3] Au point qu’il créera le mouvement Open Source sur les bases du mouvement du Logiciel Libre.
[4] Ce n’est plus de la non-reconnaissance, mais carrêment de l’ingratitude parfois: lire le cas des informaticiens qui ont prouvé que la carte vitale n’était pas sécurisée ou encore de celui qui a prouvé que les cartes bancaires étaient falsifiables. On peut aussi considérer la réaction de Cisco face à cet informaticien qui trouve une faille majeure dans leurs routeurs.

Posted by Jehan under Le Libre, Pourquoi?, Technologies | 11 Comments »