Archive for the 'Art' Category

31st jan 2008

Impromptu

Dans la catégorie des billets sans aucun intérêt, autrement dans la section sur “ma vie”, j’ai eu un petit blanc dernièrement parce que je faisais finalement pas mal de choses en même temps, trop sûrement; la conséquence était que je n’arrivais plus rien à faire. Puis soudainement samedi 19, voici que sans raison, seul, sur une petite route de campagne à 30 km de Reims, dans une courbe assez gentille, ma moto (pas la Roadwin 125 de mon billet des débuts du présent journal; entretemps j’ai passé mon permis et ai acheté une Honda CB 500) dérape. Je vais essayer de profiter de la semaine de congés maladie qu’il me reste pour réparer ma fracture à une clavicule et pour régler les détails qui doivent l’être. Peut-être que ce break va m’être profitable dans un sens pour recentrer certaines choses. Par contre la saison de volley est terminée en temps que joueur pour moi, semblerait-il…

Au passage, il est très rare de voir des enregistrements vidéos ou audios de moi quand je joue, notamment car je n’ai pas de caméra (ni vraiment d’appareil photo). Mais pour ceux qui peuvent se demander ce que je faisais vers Reims, une amie d’ami (celui qui m’avait invité pour le voir jouer en l’occurrence) m’a envoyé cette vidéo qu’elle a mise sur YouTube (remarquez le texte incrusté, etc. Pour un peu, je me croirais une star :p):
http://www.youtube.com/watch?v=F1m-GOa4ujE

Ça fait vraiment étrange de se voir et de s’entendre jouer de l’extérieur. Surtout que plus j’ai regardé cet enregistrement pour voir ce que ça donnait, moins je me suis trouvé bon… Désespérant le travail qu’il reste à faire, encore et toujours…

Posted in Le quotidien d'une Marmotte, Musique | No Comments »

12th déc 2007

Syd n’est pas mort!

Malgré le fait que le groupe “Red Shank” soit, lui par contre, plutôt mort, Syd vit sa vie. Je parle bien entendu du morceau Syd qui avait brisé les cœurs. ;-)

Plus sérieusement le webmaster de Audiocite.net me contacte tout à l’heure par messagerie privée pour me dire avoir réutilisé le dit-morceau comme fond sonore d’un poème de Vincent Jost: Prostré (licence Art Libre). Donc on peut dire que ce morceau se fait sa vie modestement. Syd Barret, l’original, aussi vit un peu après sa mort à travers ce genre d’hommage ceci dit (bien qu’il vit déjà beaucoup plus à travers ses propres morceaux).

Lionel (le compositeur) pour sa part a trouvé ça plutôt marrant. Quant à moi, je trouve ça vraiment cool. Et merci à Frédéric (le webmaster d’Audiocite.net) de m’avoir prévenu pour cette utilisation, c’est vraiment sympa.
Voilà pour cette petite brève sur une réutilisation d’une œuvre Libre à laquelle j’ai participée (bien qu’il ne s’agissait que d’une ébauche et que ça aurait été bien qu’on mène le “projet” à terme).
‘lus!

Posted in Musique | No Comments »

30th nov 2007

Les contes de fées

J’ai longuement hésité à écrire ce billet et créer cette catégorie “littérature” — que j’inaugure par ce billet — parce que je me demandais si ça intéressait du monde de savoir ce que je lis, et surtout… ce que j’en pensais.
Après tout, tout le monde lit (plus ou moins) et a un avis. Est-ce si intéressant de savoir ce que les autres ont pensé? N’est-ce pas seulement notre opinion qui importe quand il est question d’art? Mais d’un autre côté, j’ai moi-même découvert des choses car on me les a conseillées. Je verrai si je continuerai à l’avenir et surtout si ça vaut le coup de parler exhaustivement de mes lectures (pas si nombreuses) ou juste des plus marquantes. Pour commencer, je ne vais parler que des marquantes (en bien de préférence pour l’instant, ou du moins en critique honnête, sauf si vraiment je veux crier ma rage).

Sous ce titre “contes de fées”, je vais parler de 2 œuvres. Il est très dur de parler d’œuvres classiques, car il existe déjà de nombreuses critiques bien mieux écrites que les miennes.
Mais je voulais néanmoins faire part des sentiments que j’ai éprouvé en lisant les contes des frères Grimm d’une part, Peter Pan de Sir Matthew Barry de l’autre, car les deux lectures m’ont marqué, à des niveaux différents.

Contes de Grimm

En fait, un seul sentiment, tout pourrait se résumer en un mot simple: dégoût. Très franchement, j’ai du mal à comprendre comment des œuvres aussi horribles ont pu bercer notre jeunesse. Pour une fois, heureusement que ça a été édulcoré par le marketing Disney… Ou bien? Est-ce si sûr? Car finalement les valeurs prônées par ces contes restent là, en suspens. Elles sont juste mieux cachées, et elles éduquent nos jeunes. Au moins les histoires originelles ont cela d’honnêtes que ces morales sont horribles, mais claires. Les versions Disney ou assimilé par contre ont les mêmes morales, mais fourbes.
Bon, où veux-je en venir? Et bien, imaginez des histoires dont le seul but est de dire que “l’argent fait le bonheur”, que “les beaux sont bons, les bons sont beaux; les moches sont méchants, les méchants sont moches”, que “le pouvoir fait le bonheur”, que “le mariage rend heureux” et autres morales du même goût. Vous avez maintenant l’ensemble de l’œuvre des frères Grimm. Personnellement quand un conte se finit avec la méchante belle sœur punie qui crache des crapeaux à chaque mot, ok c’est horrible. Par contre que la gentille héroïne elle se marie avec le prince charmant et crache des pièces d’or à chaque mot… vous trouvez ça vraiment cool? Bon c’est certes un chouille moins écoeurant que les crapeaux, mais perso pour moi c’est tout aussi horrible de vivre ainsi en crachant des pièces (même si c’est de l’or). Mais non… l’héroïne est riche, elle est mariée, tout est bien qui finit bien!
Grimm Brothers Monument at Hanau (Germany), sculpted by Syrius Eberle
Quand on en arrive à une histoire où l’héroïne se marie avec son propre père à la fin, et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants, vous trouvez ça cool vous? Ben heureusement, le père est roi, il est riche, donc tout va bien.

Enfin voilà. très personnellement ces contes m’ont dégoûté des contes de fée. Je ne critique pas les frères Grimm attention. Je sais pertinemment que leur rôle n’a été que de la transcription, un boulot simple d’historien. Ils se sont contentés de répertorier les contes ancestraux des villages qui allaient se perdre. Et heureusement qu’ils l’ont fait. C’est toujours moche de perdre une partie de son histoire et de son folklore. Donc d’un strict point de vue historique, c’est intéressant. Pour la sauvegarde du patrimoine, pour savoir ce qu’il en est, mais aussi où on en est, je ne vais pas dire le contraire, c’est bien de lire ces contes. Par contre, par pitié ce sont des histoires d’un autre temps, donc d’autres mœurs (mais la société actuelle a-t-elle vraiment d’autres mœurs?), et qui véhiculent des morales que je trouve absolument révoltantes. Alors qu’on ne nous sérine plus de la gentille bergère pauvre qui atteint le bonheur parfait avec la mariage, la richesse et le pouvoir, je trouve ça horrible.
C’est donc une lecture intéressante, instructive, mais fort désagréable. Par contre il est vrai qu’on comprend mieux ainsi comment notre société en arrive (à vous de mettre ce que vous voulez dans ce “là”, pour une fois, pas de lien) avec ce background philosophique.

Peter Pan

Pour poursuivre sur les contes, je vais maintenant en citer un autre, qui est par contre bien plus beau. Il a également été édulcoré par les Majors du cinéma dans les diverses adaptations, car c’est vrai qu’il est dur. Pourtant il n’en reste pas moins beau. Il s’agit du très célèbre Peter Pan. Tout le monde connaît en particulier l’adaptation de Disney. Ces dernières années ont d’ailleurs connu un renouveau des adaptations, des suites, des remakes, des histoires parallèles sur tout média. Mais combien de ces œuvres voguent réellement sur les messages de l’œuvre originelle, et sur l’univers décrit? Combien de personnes connaissent le roman originel, écrit par Sir Mattew Barry?

Statue de Peter Pan à Kensington Gardens, Londres, Royaume-Uni
Pour reprendre à la première question, je dirais que personnellement je ne connais qu’une seule œuvre qui réponde au critère (peut-être y en a-t-il d’autres, mais alors je ne les connais pas, pourtant j’en ai vu des versions). Il s’agit de la bande dessinée éponyme de Régis Loisel. Contrairement à la plupart des adaptations, cette BD a pris la liberté d’imaginer “l’avant Barry” (et pourtant c’est la plus proche de l’œuvre de Sir Barry selon moi): d’où vient Peter Pan? Qui était-il? Comment est-il devenu Peter Pan? Tant de questions à la réponse très dure, brutale et acide trouvent réponse dans la bande dessinée de Loisel. En tant que grand fan de bandes dessinées — et de Loisel aussi depuis — je ne saurais que vous conseiller de lire l’histoire de Peter Pan selon Loisel, et d’admirer ses dessins fabuleux. Attention, vous allez pleurer. C’est une histoire aussi dure que belle.

Pour la seconde question, vous y aurez répondu de vous-même: personne ou presque ne connaît l’œuvre originelle. Et pourtant… ô combien elle est plus intéressante, plus profonde que la plupart des adaptations. Il s’agit d’une véritable étude de l’enfance. On raconte que Barry était un grand enfant, qu’il refusait justement de grandir, et qu’il a toujours aimé s’amuser avec les enfants. Cependant son histoire montre bien qu’il n’en avait pas moins parfaitement cerné l’enfance, le comportement enfantin, et tous ses travers. La cruauté de l’enfance et des enfants, nous connaissons tous ça. Est-on étonné alors que le petit garçon du pays imaginaire qui ne veut pas grandir n’a rien à envier en cruauté au capitaine Crochet lui-même? (celui que Barry disait — pour faire une cross-référence, et un hommage à l’île au trésor — être le seul pirate au monde qui faisait peur à Barbecue… notre bon vieux Long John Silver)
Mais tout est jeu pour Peter. Jusque dans les combats contre les pirates où il sait se montrer rieur et fair-play (ce que d’aucun appellerait de la naïveté, voire de la bêtise. Et c’est aussi le cas puisqu’il risque gros, mais vous verrez plus bas pourquoi il n’apprend jamais de ses erreurs et reste constamment un enfant naïf), tout en étant sanguinaire et meurtrier.
Qui savait que Clochette n’était pas simplement une gentille petite peste? Non ça c’est pour les petits enfants qui rigolent qu’on dit ça. C’était en fait le machiavélisme réincarné dans un corps potelet, mignon. La belle et mignonne petite poupée meurtrière… Jamais elle n’a regretté ses trahisons, ses tentatives de meurtre à l’égard de Wendy… Non, elle aimait Pan, et tout est bon pour le garder pour elle seule. Quand J.K. Rowling a voulu montrer que l’amour est beau et arrive à rendre bon les “méchants” (lire le dernier tome pour comprendre de qui je parle), elle n’a pas montré les travers de l’amour possessif. Clochette est à elle seule la représentation des extrémités auxquelles peut conduire l’amour.
Mais dans cette étude de l’enfance, l’une des caractéristiques les plus dures de cet univers est “l’oubli perpétuel”. Encore une fois, je n’ai vu cet aspect du pays imaginaire retranscrit (et surtout bien retranscrit) que dans l’œuvre de Loisel. En effet, qu’est-ce qui définit l’adulte? L’apprentissage. Les leçons de la vie. Les coups durs qu’on a connu. Et donc comment empêcher les enfants de grandir? En oubliant, tout simplement. Les personnages principaux oublient tout au fur et à mesure. Ils se réinventent leur vie à chaque instant. Des parents qui nous aiment? C’est quoi un parent? Un ami mort? Non je le connais pas. Je peux vous dire que cela donne des passages qui donnent des frissons (aussi bien dans le conte de Barry que dans la BD de Loisel). Est-ce vraiment de la chance de pouvoir oublier tous les mauvais moments d’une vie? Même quand ça implique d’oublier les bons moments aussi? Question philosophique à creuser, et qui l’a déjà souvent été.

Peter Pan, l’original, est donc un livre très fort, qui prend aux tripes et que les gens devraient lire, car il a été mis dans cette histoire 1000 fois plus que dans la version Disney (même si l’histoire est la même, je parle de tout l’univers). En plus, c’est très court, donc pas d’excuse. Vous apprendrez à découvrir qui était vraiment ce petit enfant qui ne voulait pas grandir, tellement fou qu’il était prêt à tuer ses camarades s’ils ne jouaient pas convenablement le jeu, heureux car il ne connaissait pas le malheur, triste car il ne connaissait pas le bonheur.

Conclusion

Au final, deux classiques des contes de fées, deux sensibilités. L’un, catalogue historique de contes sans que je comprenne comment cela peut faire rêver qui que ce soit. L’autre véritable réflexion sur la vie, sur l’enfance, sur l’adulte, sur soi. Je n’en conseille qu’un des deux personnellement si votre but est d’avoir un moment agréable, Peter Pan. Magnifique.

Note: la première photo est celle de la statue des frères Grimm, à Hanau en Allemagne, photographié par Dr. Meierhofer (licence GFDL); la seconde représente Peter Pan, célèbre statue de Kensington Gardens, à Londres au Royaume-Uni, photographié par Sebjarod et lâchée dans le domaine public (pour autant que ce soit possible, en France nous n’avons pas le droit d’abandonner nos droits par exemple).

Posted in littérature | No Comments »

12th juil 2006

Hommage à Syd Barrett en musique

Hier, alors que je découvrais la mort de Syd Barrett, j’en avertis immédiatement par Jabber notre guitariste principal (le “lead guitarist” comme on dit), Lionel. Ce dernier n’a “pas pu [s]’empêcher d’écrire un petit quelque chose en son honneur” selon ses propres mots puisque c’était aussi un de ses artistes préférés. Il a plus d’expérience que moi en ce domaine et je connais un peu ses compos maintenant. Il m’envoie donc sa compo un peu après 2H du mat cette nuit. Je l’écoute puis je rajoute une voix harmonica à mon tour dans la nuit. Jusqu’ici je n’ai pas pris l’habitude de diffuser les compos du groupe parce qu’elles ne sont jamais satisfaisantes et en très mauvaise qualité. Mais cette fois, pour ce que représente cette composition (même si c’est dans un état pas plus satisfaisant que les autres), je me devais de diffuser cette ébauche. Un hommage ne sert pas à grand chose enfoui dans un placard (bien qu’on devrait sûrement la jouer avec le groupe, mais pour l’instant y a le black-out des vacances).

Voici donc un résultat en format ogg vorbis (lisible facilement avec tout lecteur multimédia moderne). Bon pour la qualité du son, excusez-nous, comme je l’ai dit. Il faut dire qu’on n’a pas du matériel de fou pour nous enregistrer et que mon pauvre ordinateur portable est déjà bien sympathique de m’apporter avec entrain une qualité sonore raisonnable pour un portable.

Je détaille les tags/caractéristiques du morceau:

Titre
Syd” tout simplement
Compositeur
Lionel Ngo[1] pour les 2 voix guitares (et une petite contribution de ma part pour une voix harmo)
Interprétation
Lionel pour les 2 voix guitare et moi (Jehan) pour l’harmo. Ce n’est évidemment pas joué en live, vous l’avez donc compris, mais en plus carrêment à distance (Marseille-Paris).
Genre
Rock Progressif (bon ensuite hein… là c’était vraiment histoire de mettre un tag dans mon fichier, mais bon classer dans des cases, c’est bon pour ceux qui aiment ça seulement)
Licence
Ce morceau est diffusé sous la Licence Art Libre 1.2. Pour ceux que ça fait chier de lire les licences, sachez que ça signifie tout simplement que vous pouvez faire ce que vous voulez de ce morceau à condition que vous citiez toujours l’auteur originel (Lionel Ngo, et vous pouvez éventuellement ne pas m’oublier pour ma participation pleine d’entrain), hormis une chose: vous n’avez pas droit de supprimer des droits! Donc si jamais y a reprise de l’œuvre, modification, remix ou quoi que ce soit, vous ne pouvez pas interdire plus sur l’œuvre dérivée que ce qui l’est déjà (en fait, vous devez rester sous licence Art Libre en gros). En somme, c’est une licence de libre diffusion qui garantit la paternité d’une œuvre et empêche les abus d’appropriation[2].
Copyright
Lionel Ngo — Red Shank (nom de notre groupe): les auteurs au sens de la Licence Art Libre en gros

Voilà. Après tout ça voici ce petit hommage de 6 minutes: Syd.

Vous écouterez là un morceau un peu Pink Floydien. Rien n’est vraiment fixé, en particulier pour l’harmo, puisque y a beaucoup d’impro là, et je cherche à améliorer. Evidemment l’idéal serait aussi d’avoir un son plus caractéristique, avec des effets par exemple. Je n’ai pas pu saturer mon harmo autant que je l’aurais voulu et là déjà ça a pas mal dégradé la qualité sonore.
Sinon pour ma part, après cette annonce, j’ai voulu exprimer de la tension dans ce morceau, la tension de la vie de Barrett en quelques notes. Je sais pas si ça se ressent un peu.
N’hésitez pas à dire que c’est nul dans des commentaires. ;-)
Plouche.

[1] Le pauvre Lionel m’en a voulu la dernière fois de ne pas l’avoir complimenté dans mon billet sur son jeu de guitare. Je dois le dire, je n’aime pas beaucoup faire des compliments, mais je n’aime pas beaucoup en recevoir non plus… du moins pas à la légère. Après sinon les compliments perdent tout leur sens. Mais il faut bien le dire tout de même (comme ça, vous voyez à quel point ce compliment a de la valeur!), Lionel n’est vraiment pas un mauvais guitariste et il compose des trucs plutôt pas mal. Soyons honnête: je suis même assez content de jouer avec lui. Voilà, c’est dit. Maintenant je suis bon pour ne plus être gentil pendant quelques années. :-D

[2] Bon évidemment je ne m’attends pas à ce que ça ait un moindre succès, uhuh. Mais j’en profite pour faire de la pub à l’Art Libre.
Si jamais cependant (sait-on jamais?) vous vouliez utiliser ce morceau pour quoi que ce soit autre que l’écoute et la diffusion à vos potes, ce serait cool que vous me le disiez. Un petit mail pour avertir, ça fait de mal à personne.

Posted in Le quotidien d'une Marmotte, Musique | Comments Off

12th juil 2006

Wish you had been happier

Je l’ai déjà dit dans un précédent billet: je n’aime pas faire d’hommage.
Un hommage de personnalité connue (mais non personnellement par votre maître), je trouve souvent cela ridicule. Comment peut-on réellement s’émouvoir — j’entends au plus profond de soi — de la disparition de quelqu’un avec qui on n’a jamais parlé et encore moins de choses privées? Quant à un hommage à un ami, parfois certaines choses devraient rester privées et je n’ai pas toujours envie que quiconque connaisse ma vie privée; d’ailleurs je suis pas vraiment sûr que cela puisse vous intéresser (même si ça peut être un beau geste de rendre un hommage pur et sincère dans certains cas pas trop médiatiques, bien vus ou purement politiquement correct, choses que je désapprouve le plus dans les déballages de sentiments).

Néanmoins je me fais mentir puisque je me suis senti le besoin de faire un hommage pour un homme, un homme public que je n’ai jamais rencontré personnellement en plus: Syd Barret. Vous l’aurez donc compris, j’apprends juste que ce dernier vient de décéder. Et il faut le dire, pour une fois c’est une mort publique qui m’a vraiment fait un coup.

Membres du groupe Pink Floyd
Les membres de Pink Floyd, Syd Barret deuxième à gauche (image sous copyright, mais j’ai du mal à en cerner l’auteur. En cas de problème sur l’utilisation de la photo, ne pas hésiter à me contacter)

Je ne vais pas raconter sa vie. Je ne suis pas un expert des ragôts des groupes de musique ni un historien musical. Pour avoir un bon aperçu de son parcours, regardez plutôt l’article wikipedia.
Cet homme donc, si inconnu pour moi et pour beaucoup, au parcours ardent et éblouissant mais extrêmement court (comme beaucoup de grands musiciens morts jeunes ou à la carrière courte. Il fut nommé le “Crazy Diamond” — littéralement le Diamant Fou — dans une chanson hommage du groupe Pink Floyd après la séparation: “Shine On You Crazy Diamond”) a pourtant été une de mes influences musicales majeures. Je ne veux pas non plus tout mettre sur le compte de Syd Barret. Pink Floyd est probablement mon groupe préféré dans son ensemble et ce n’est pas pour rien que tous les musiciens sont justement passés dans la légende de leur vivant.
Mais cet homme, ce fou extraordinaire, touchait au génie. Et il fut à l’origine de plusieurs très beaux — du moins extravagants, fous ou tout simplement psychédéliques par définition — morceaux du groupe.

Il est simplement malheureux que cet homme ait eu son existence. Evidemment je ne sais rien de lui, je ne veux donc pas trop m’avancer sur sa vie ni surtout dans quel esprit il l’a vécue. Néanmoins tout laisse à penser, en lisant les mini-biographies, qu’il n’a pas eu la plus heureuse des vies et il semble qu’il ait regretté beaucoup de choses. J’espère seulement qu’il a tout de même connu suffisamment de bonheur; et si jamais il devait exister une vie après la mort — ou disons une mort consciente, une conscience de mort, qui sait? — qu’il aura une belle continuation.
Je ne rends donc pas un hommage à cet homme pour sa vie exemplaire, ni pour un amour inexistant que j’aurais pu éprouver pour lui. Il a eu sa vie, j’ai eu la mienne. Elles ne se sont pas croisées. Non je lui rends hommage pour son œuvre, belle œuvre qui m’a marqué.

Sur ce, je vais continuer à écouter les quelques CDs des Pink Floyd où il a composé (en particulier “The Piper at the Gates of Dawn“, presque entièrement écrit de ses mains, et “Relics” avec plusieurs morceaux de sa composition). C’est le meilleur hommage que je puisse lui faire et finalement n’est-ce pas le meilleur moyen que je connaisse qui lui permettra de vivre encore à nos oreilles et de vibrer dans nos âmes?

Posted in Musique | 1 Comment »